Problème n°1 : Sciences en décroissance ?

Les activités scientifiques elles-mêmes contribuent, à des degrés divers, à la dégradation écologique et à l’accélération du franchissement des limites planétaires. Comme la société et l’économie, les sciences connaissent des troubles de croissance : accélération des publications souvent associée à une dégradation des conditions de travail scientifique comme des contenus (multiplication des rétractations, crise de la réplication, etc.). Peut-on dissocier science et croissance dans un contexte où les institutions académiques poussent à toujours plus d’innovations high-tech, aux grands projets (pas forcément utiles) et au développement effréné de l’Intelligence Artificielle ? Ne doit-on pas interroger la pertinence du renouvellement accéléré et du développement de grandes infrastructures de recherche (data centers géants, futur collisionneur circulaire, stations et missions spatiales, etc.) dont les impacts écologiques sont majeurs ? Le mythe de la « science, the new frontier » ne nous rend-il pas aveugle à la nécessité de poser des limites aux activités scientifiques ? A quoi faut-il renoncer, que faut-il réguler ou rediriger, qu’est-ce qui doit ralentir et qu’est-ce qui mérite d’être développé pour construire des sciences et des recherches technologiques plus sobres, pertinentes et soutenables ?