Problème n°3 : Démocratie ou/et écologie ?

Entre démocratie et écologie, il faut choisir : telle est la petite musique que jouent aujourd’hui ceux qui rattachent, pour les critiquer, les exigences écologiques à une certaine élite, tout comme ceux qui, à l’inverse, entendent promouvoir une « dictature verte » qui serait adéquate à l’urgence de la situation. Mais que penser de cette alternative elle-même ? Faut-il considérer qu’elle acte en effet, sur le fond, combien l’exigence démocratique, du moins telle qu’elle s’est déployée en Occident, est inséparable de la promotion d’une certaine exceptionnalité humaine, laquelle rend possible, à sa manière, la subordination puis l’exploitation du vivant non humain ? Après tout, n’est-ce pas cette tension entre démocratie et écologie qu’illustre le déploiement actuel de ces pratiques d’ingénierie soutenable qui assument des ambitions écologiques dans une logique foncièrement technocratique ? Ou faut-il bien plutôt considérer que cette alternative repose sur une vision étroite de la démocratie et que la gravité de notre situation écologique peut justement conduire à renouveler la citoyenneté et les modes de vie en collectif, et à inventer de nouvelles manières de délibérer et de construire collectivement de la connaissance ? N’est-ce pas précisément ce dont témoignent aujourd’hui le déploiement de certains communs et la mise en œuvre de certaines conventions citoyennes ?