Mardi 7 juillet 2026
9h00-13h00 · Symposium « S’inspirer des Suds ? »
09h00-10h30 Présentation des communications
10h30-11h30 Pause et préparation des questions
11h30-13h00 Échanges collectifs
Animation du symposium (et du travail collectif préparatoire) : Valérie D’Acremont & Théo Chamarande
Y. Renou (1), C. Ba (2), A. Brochet (3) : « Pour un réveil possibiliste translocal des territoires hydro-sociaux urbains : une mise en regard eurafricaine des stratégies adaptatives face au risque d’inondation (cas de Grenoble et Dakar) »
(1) PACTE - CNRS / Univ. Grenoble Alpes ; (2) IGTDL / UCAD – Dakar ; (3) IGE – CNRS / Univ. Grenoble Alpes
Face à la récurrence et l’intensification des extrêmes d’inondation, nous avançons qu’un “réveil possibiliste” adaptatif est envisageable via l’ouverture de la gouvernance urbaine à des circulations nords-suds. Développant une « mise en regard » de ce qui se joue sur deux territoires hydro-sociaux (Métropoles grenobloise et dakaroise), nous avançons que des déprises et reprises institutionnelles transformationnelles peuvent se consolider territorialement via des circulations d’agirs translocaux (cosmo-techniques voyageuses). Il s’agit in fine de penser localement la problématique de l’adaptation climatique tout en interrogeant la diversité potentielle des leviers de coopération interurbaine globale (agir translocal).
M. Legrand, C. Benveniste, F. Brun : « L’assainissement écologique, un sujet global ? Circulations entre Suds et Nords dans la gestion des excrétats humains »
LEESU/ENPC-IP Paris
Le système d’assainissement centralisé (chasse d’eau, égout, station, rejet) se présente comme un modèle universel. Il fait pourtant l’objet de critiques croissantes, du fait de son empreinte environnementale, et de son inadaptation dans de nombreux contextes (mousson, aridité, villes en croissance rapide…). De nombreuses expérimentations de systèmes d'assainissement écologique ont été menées sur différents continents. Ces approches ont en commun de viser l’appropriation et l’adaptation locales des techniques mises en œuvre. Nous présenterons différents parcours professionnels, et les réseaux internationaux d’échange de savoirs et pratiques qui rassemblent aujourd'hui des acteurs variés : associations locales et internationales, chercheurs, agences de développement, artisans, ingénieurs…
J. Rossignole : « Penser un nouveau système alimentaire en s’inspirant de l’agriculture familiale des pays du Sud »
INSYTE Université de Technologie de Troyes
Dans une étude parue en 2025 de la commission EAT-Lancet, nous apprenons que ce sont les systèmes alimentaires qui contribuent le plus au dépassement des frontières planétaires. En particulier, les régimes alimentaires laitiers, carnés, et les exploitations agricoles de grande dimension sont pointés du doigt. En analysant ces critères, nous constatons que les pays du Nord sont ceux qui ont la responsabilité la plus grande dans ce dépassement. Cela nous invite à porter un regard sur le fonctionnement des systèmes alimentaires familiaux au sein des pays du Sud, de manière à entrevoir la manière dont l’agroécologie pourrait se diffuser globalement. Cela supposera de prendre du recul quant aux fondements coloniaux de l’économie de la plantation.
E. René : « Contradictions chinoises, paradoxes occidentaux : repenser la coopération environnementale mondiale au-delà du découpage Nord-Sud »
Netlab ; coopérative Ananké
Cette présentation analyse le socle normatif des doctrines écologistes du Parti‑État chinois promues le long des routes de la soie verte, à partir de plusieurs ancrages disciplinaires (écologie politique, sociologie des organisations, relations internationales). Elle s’intéresse à la manière dont ces doctrines influencent et sont influencées par les pratiques et les discours de la coopération environnementale internationale, longtemps dominée par les acteurs occidentaux. L’exposé questionne en particulier la place que les dynamiques de coopération environnementale Sud‑Sud impulsées par la Chine laissent aux épistémologies et savoirs vernaculaires des pays récipiendaires de l’aide chinoise.
S. Tilikete : « S’inspirer des savoirs des Suds pour décider au sein d’institutions scientifiques dominantes ? Le cas des Conventions Citoyennes Étudiantes dans trois universités d’Europe de l’Ouest »
Université Paris Est Créteil (LIPHA)
Cette communication s’intéresse à la multiplication des conventions citoyennes étudiantes dans des institutions universitaires d’Europe de l’Ouest. Comment l’ambition d’inclusion d’expertises autres que celles des sciences dominantes occidentales proposée par les promoteurs de ces dispositifs, prend-elle forme - ou non - dans les lieux mêmes de production de savoirs académiques largement marqués par l’histoire coloniale et les inégalités épistémiques Nords/Suds ? Par une méthode qualitative et en croisant les Science and Technology Studies et la science politique, cette communication souhaite contribuer aux débats actuels sur les possibilités et les limites d’intégrer des savoirs des Suds à des espaces de décision pensés et pratiqués à partir des Nords (Bussu et Eseonu 2022).
13h00-15h00 · Déjeuner
15h00-18h30 · Ateliers
U. Ziccarelli (1), J. Cadiou (1), S. Pascal (2), « Coup de chaud sur les inégalités »
(1) Équipe Écologie et Grande pauvreté, ATD Quart Monde ; (2) Réseau Wresinski Écologie et Grande pauvreté, ATD Quart Monde
« Coup de chaud sur les inégalités » est un jeu de sensibilisation et de réflexion développé par ATD Quart Monde à partir de ses méthodes et son expérience avec les personnes en situation d'extrême pauvreté. Il s’agit de comprendre, à partir des expériences des canicules des participant-es, les liens entre justice sociale et changements climatiques. Cet atelier permet donc de mettre ensemble personnes ayant l’expérience de l’extrême pauvreté et personnes n’ayant pas cette expérience et de réfléchir à des solutions ensemble.
N. Burger (1), L. Grimal (1,2,3), D. Pacaud (1), P. Robineau (1,4), M. Var (1), P. Bucchiarelli (1,5), « REX sur l’organisation d’une Convention sur les connaissances scientifiques dans l’espace public : proposition d’un atelier pour s’approprier et adapter collectivement les recommandations de la Convention »
(1) Comité Docteur, Ingénieurs Et Scientifiques de France, Paris ; (2) Univ. Bordeaux, CNRS, Bordeaux INP, I2M, UMR 5295, Talence ; (3) Arts et Metiers Institute of Technology, CNRS, Bordeaux INP, I2M, UMR 5295, Le Bourget-du-Lac ; (4) Université de Lille, CNRS, LASIRE (UMR 8516), Villeneuve d'Ascq ; (5) EconomiX-CNRS, University of Paris Nanterre.
Cet atelier vous permettra de vivre une expérience de délibération proche de celle d’une Convention Citoyenne, avec pour thématique, la place de la science dans la société. Il n’y a pas de prérequis pour participer. L’atelier se basera sur les recommandations formalisées lors de la Convention scientifique sur les connaissances qui s’est déroulée de septembre 2025 à février 2026 et qui a produit 58 recommandations sur les problématiques “Comment organiser la réception et la diffusion des résultats scientifiques dans la société ? Quelle organisation de la production de connaissances permet cette réception et diffusion ?”. L'objectif sera d’adapter certaines de ces recommandations à la communauté Archipel.
E. Deforge (1), F. Huet (2), M. Lainé (3), M. Leroy (3), B. Lussier (4), « Canalternatif : Une alternative au méga-canal Seine-Nord Europe »
(1) Méga Canal Non Merci ; (2) Costech, Université de Technologie de Compiègne ; (3) Université de Technologie de Compiègne, Méga Canal Non Merci ; (4) Heudiasyc, Université de Technologie de Compiègne
Le Canal Seine-Nord Europe est un projet d’infrastructure fluviale traversant les Hauts-de-France. Les dernières années ont été marquées par le développement d’une critique plurielle et la volonté de porter des alternatives (transport public, permaculture, industrie locale, etc.). Le projet Canalternatif a ainsi émergé comme une recherche-action orientée vers la soutenabilité écologique, le bien-vivre ensemble et le déploiement de techniques à échelle humaine. L'atelier sera divisé en 2 parties : 1) Mini-arpentage - les enjeux liés au projet seront abordés par petits groupes sur la base de fiches ; 2) Mini-atelier d'idéation - chaque groupe contribuera à un projet d'alternative et le partagera via une affiche pour constituer à une exposition-déambulation commune.
M. Laveau, S. Bourgeon, P. Bouteyre, E. Ferrand, M.-A. Roule, C. Zwickert, « Dialoguons entre “éloigné-es” : Un jeu pour relier les mondes »
Communauté des Alumni du Master Stratégie et Design pour l'Anthropocène (Strate Ecole de Design et ESC Clermont Business School)
Dans un contexte de crises écologique, sociale et démocratique, comment recréer du lien plutôt que d’accentuer la polarisation qui freine l’action collective ? Cet atelier vise à créer les conditions propices au dialogue entre personnes d’horizons a priori éloignés. À travers un jeu ludique collaboratif, mêlant récits personnels et écoute active, les participant·es exploreront ce qu’ils et elles ont en commun autour des liens intimes qui les lient à leur territoire. Cet espace sécurisant de rencontre, cherchera à faire émerger ce qui compte vraiment pour chaque participant·es et à révéler ce qui les rassemble tout en prenant soin de ne pas invisibiliser leurs désaccords, afin de cultiver avec empathie leur compréhension d'autrui.
S. Lopes Pinheiro (1, 2), R. da Costa Lopes (1, 2), N. Wallenhorst (2), « Atelier écoformatif sur les Rythmes de l’Anthropocène »
(1) Université Fédérale de Rio Grande (FURG), Brésil ; (2)Université Catholique de l’Ouest (UCO), Angers, France
L’Atelier éco-formatif sur les Rythmes dans l’Anthropocène, inspiré par la rythmanalyse de Henri Lefebvre, propose un espace d’exploration critique des temporalités qui traversent le quotidien. Dans un contexte d’accélération sociale et de crises socio-écologiques, l’activité examine les tensions entre rythmes corporels, sociaux et environnementaux. Structuré autour d’exercices d’attention, d’écriture réflexive et de mise en commun, l’atelier articule expériences vécues et problématisation théorique. Il sera conduit par Samuel Lopes Pinheiro et Raizza da Costa Lopes, chercheurs brésiliens en éducation environnementale.
V. Moreau (Valem), « De l’art face aux enjeux socio-écologiques »
There’s a way / UTC
Peut-on résoudre un problème en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé ? Il s’agit ici de tenter de réfléchir autrement à notre engagement, en mobilisant non seulement nos connaissances et notre rationalité, mais aussi notre sensorialité et nos émotions pour activer de nouveaux leviers d’action et de transformation. Bien que s’appuyant sur des éléments scientifiques, cet atelier privilégie l’art comme angle d’attaque, alternant les postures de réflexion, contemplation et création. Il est composé de 2 parties d’1h30 chacune : une conférence artistique mêlant sculpture, sciences et poésie, suivie d’un moment introspectif ; un temps immersif dans une exposition pluriartistique, suivi d’un temps d’écriture et de partage sur les émotions suscitées par l’œuvre de son choix.
R. Pouzet, N. Molines, C. Henriot, « DésimperméaJouons ! Serious game pour prendre en main les enjeux de désimperméabilisation des villes »
Avenues, Université de Technologie de Compiègne
DésimperméaJouons est un jeu sérieux qui vise à proposer des clés de compréhension de la désimperméabilisation des sols urbains, dispositif émergent pour faire face aux impacts du dérèglement climatique. Coconstruit dans le cadre du projet ANR interdisciplinaire PerméPolis, l’atelier s’articule en trois phases : immersion sensible des participant-es au sujet, apport de connaissances théoriques et pratiques sous forme de jeu de rôle ludique puis une phase d’atterrissage pour discuter collectivement des acquis du jeu. Le jeu se décline sur deux échelles et s’adapte aussi bien aux experts qu’aux non-sachants. Il s’agira, dans le cadre d’Archipel, de tester une version intermédiaire du jeu afin de recueillir vos avis pour le faire évoluer.
J. Blad, « La fresque des métiers de demain »
Après avoir revu brièvement les limites planétaires et le concept du plancher social via la théorie du donuts, les participant.e.s sont invité.e.s à se projeter dans un monde durable et enviable, en imaginant la place des métiers d'aujourd'hui dans cette société future. Par petits groupes, une première classification donnera lieu à une fresque qui sera présentée et argumentée. Ensuite, un zoom sur un des métiers sera effectué afin d'étudier les missions et les interconnections de ce métier avec le reste de la société. Enfin, nous nous poserons la question des freins à lever pour atteindre cet objectif enviable pour tous.tes.
