Lundi 6 juillet 2026

9h00-13h00 · Symposium « Sciences en décroissance ? »

  • 09h00-10h30 Présentation des communications

  • 10h30-11h30 Pause et préparation des questions

  • 11h30-13h00 Échanges collectifs

Animation du symposium (et du travail collectif préparatoire) : Nicolas Chevassus-au-Louis & Peter Sturm

A. Hardy : « La science ou les navets ? Ecologisation des sciences informatiques et déplacements intérieurs ? »

Centre de sociologie de l'innovation, Mines Paris - PSL

Depuis la fin des années 2010, différentes initiatives dans les milieux scientifiques français ont interrogé la relation entre activité de recherche et environnement, notamment par le prisme des émissions de gaz à effet de serre des activités scientifiques. Cette intervention cherche à montrer les différentes réponses adoptées par des personnels de recherche en sciences informatiques qui, dans ce contexte, veulent faire de la recherche autrement. S'appuyant sur une enquête qualitative, notamment des entretiens menés en 2025-2026, cette intervention analyse comment ce que doivent être les sciences informatiques se trouvent discutées et disputées au prisme de l'environnement. 

L. Husson (1,2) : « Le FCC et la firme CERN, une science hors-norme face à son propre mythe »

(1) ISTerre, CNRS, Université Grenoble-Alpes ; (2) Laboratoire Radical et Oblique des Urgences en Sciences de la Terre

Pourquoi l’institution CERN se sent-elle légitime à préempter de telles ressources économiques et environnementales pour son projet de collisionneur FCC aux dimensions hors-normes ? Au-delà les enjeux scientifiques, le CERN est avant tout une entreprise technologique en prise avec des intérêts économiques, (géo-)politiques, sociologiques. Dans ce contexte, la super-ingénierie de la firme CERN ne permet pas d’autres alternatives que la fuite en avant de l’économie de la promesse, quitte à ce que le FCC ne devienne plus qu’un éléphant blanc.

S. Hodencq (1), L. Grimal (2) : « Soutenabilité des grandes infrastructures de recherche : de la flexibilité à la sobriété énergétique »

(1) Université Grenoble Alpes, CNRS, Grenoble INP, G2Elab ; (2) Comité Docteur, Ingénieurs Et Scientifiques de France, Paris ; Univ. Bordeaux, CNRS, Bordeaux INP, I2M, UMR 5295, Talence ;Arts et Metiers Institute of Technology, CNRS, Bordeaux INP, I2M, UMR 5295, Le Bourget-du-Lac

Le projet européen FlexRICAN (Flexibility in Research Infrastructures for global carbon neutrality) vise à améliorer la soutenabilité d’infrastructures de recherche européenne énergivores, en déployant des systèmes de production et stockage d’énergie renouvelable et de récupération, ainsi que des leviers de flexibilité énergétique. Néanmoins, ces approches sont loin d’être suffisantes pour atteindre la « neutralité carbone ». La suite du projet envisage ainsi d’étudier la soutenabilité absolue de ces structures vis-à-vis des limites planétaires, de mener des enquêtes de terrain auprès des personnels pour identifier des leviers et freins structurels et, enfin, de mettre en avant la sobriété énergétique pour expliciter des limites de consommation énergétiques. 

13h00-15h00 · Déjeuner

15h00-18h30 · Ateliers

S. Allier (1), L. Brissiaud (2), O. Gallot-Lavallée (3), T. Lapière-Bourrély (4), P. La Rocca (5), « Démocratiser la technique ? Leviers de réappropriation et limites systémiques »

(1) CRH-EHESS et G2ELab-UGA ; (2) CRH-EHESS ; (3) G2ELab-UGA ; (4) LAVUE-UPN et CRH-EHESS ; (5) LaBRI, Université de Bordeaux

Face à la catastrophe climatique, nombre d’acteur·ices s’attellent à faire « transitionner » ou « bifurquer » l’appareil productif contemporain. Cet atelier propose d’évaluer les possibilités et les limites de ces propositions, à travers une saisie matérialiste de ces systèmes techniques complexes et interdépendants. Nous identifierons d’abord les trajectoires politiques sous-jacentes au déploiement de certains systèmes techniques, par l’arpentage de corpus de textes. Ensuite, nous explorerons collectivement diverses voies de démocratisation technique, en s’appuyant sur des recherches en sciences sociales, philosophie, écologie politique, pratiques alternatives… qui visent à réorienter les trajectoires techniques, pour en souligner les apports comme les limites.

W. Bernaud, « Faire naître des laboratoires de recherche-action biorégionaux : la recherche-action participative au service de la transformation socio-écologique des territoires »

Habitant-chercheur du bassin-versant de l'Orne

Partant du constat que l'Anthropocène exige de repenser la forme et la fonction de la recherche, cet atelier explore le potentiel de la recherche-action participative : une démarche qui fait dialoguer savoirs académiques et non-académiques, subordonnant le processus scientifique à des problématiques issues du terrain. En s'appuyant sur les fondements du biorégionalisme et le concept de Bioregional Learning Center (Donella Meadows), les participant·e·s exerceront une démarche prospective pour imaginer un tel laboratoire ancré dans leur propre territoire, conçu comme territoire-apprenant, au sens de processus d'apprenance collective, depuis la posture de l'habitant·e-chercheur·euse.

M. Boissier (1), S. Hodencq (2), « Modèles et la modélisation, quel recul critique après 4 ans de travail de contremodélisation ?

(1) INRIA, STEEP ; (2) Université Grenoble Alpes, CNRS, Grenoble INP, G2Elab

Le groupe de travail Contre-modélisation explore depuis 4 ans les enjeux de la production et de l’usage de modèle. Objet frontière entre expertise scientifique et décision politique, le modèle et ses usages cristallisent différentes visions de la démocratie. Dès lors, il s'agit pour les modélisateurs·rice·s de prendre du recul. C'est l'objet du groupe, qui vise à construire sa propre réflexivité et à produire des méthodes pour ouvrir ce regard critique à une plus large communauté scientifique. L’atelier fera état de ces recherches pour engager une discussion sur le rapport de chacun·e aux modèles et à la modélisation. Cet atelier s’adresse à des chercheur·euse·s de la communauté académique, sans plus de pré-requis.

G. Demont (1), B. Georgeault (2), « La carte et le tiers/soi, l’expérience de la fragilité »

(1) Laboratoire EDA, Université Paris Cité ; (2) L’Arche en France

L’atelier « La carte et le tiers-soi » repose sur une vision holistique de l’écologie qui articule le lien à (1) l’environnement non-humain vivant et non-vivant, à (2) l’environnement humain proche et lointain et à (3) soi-même dans l’intimité de son corps, de sa pensée et de son expérience. L’articulation de ces trois niveaux pose souvent problème ; cet atelier met en avant combien la prise en compte et la prise en soin de la fragilité constituent un pivot qui permet de tenir ensemble ces trois niveaux et de les articuler. Animé par un groupe de personnes souffrant de troubles du développement intellectuel, cet atelier nous invite à décaler nos regards et à faire se rencontrer nos expériences de vie à ces trois niveaux.

H. T. Ho (1) & J.-M. Hupé (2), « Privilège, oppression et (éco)anxiété »

(1) Docteure en psychologie ;(2) Chercheur CNRS en écologie politique, laboratoire FRAMESPA, Université de Toulouse Jean Jaurès & CNRS

L’atelier propose une approche critique du concept d’éco-anxiété en replaçant le phénomène dans le contexte social et politique actuel de répression antiécologique et de dérive autoritaire. Les souffrances psychologiques bien réelles générées par cette situation ne se résument pas à l’anxiété qui implique une individualisation voire une pathologisation des émotions, et mène à la dépolitisation des ravages écologiques. La présentation de la littérature académique en psychologie ainsi que la lecture et la discussion collective de textes de sciences sociales critiques, en particulier féministes et décoloniaux, amèneront les participan·tes à découvrir que le cadrage de l'« éco-anxiété », et encore plus sa naturalisation, mystifient voire peuvent être complices d’une oppression de nature politique.

O. Gauwin, N. Journet, « Du bilan carbone à l’action : un atelier pour les universités en transition »

Université de Bordeaux, LaBRI

L’université de Bordeaux s’est engagée à réduire de 33 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 2022). C’est dans cette optique que nous avons conçu un atelier visant à simuler la prise de décisions concrètes, permettant à une équipe pédagogique de réduire collectivement les émissions de gaz à effet de serre liées à ses activités. L’atelier prend en compte les contraintes d'acceptabilité et d’efficacité de ces mesures. Pour Archipel, nous prévoyons une version « accélérée » de l’atelier, suivie d’un temps d’échange : nos retours d’expériences, les effets indirects des actions proposées, les effets autres que la réduction des gaz à effet de serre, le déploiement au-delà du contexte universitaire.

V. Girard (1), R. Couillet (1), Maud Rio (2), « Les effets indirects de la numérisation »

(1) Univ. Grenoble Alpes, Inria, CNRS, Grenoble INP, LIG ; (2) Univ. Grenoble Alpes, CNRS, Grenoble INP, G-SCOP

Beaucoup d’études tentent de quantifier les effets environnementaux directs de la numérisation. Or, elle produit aussi de forts effets indirects : en transformant la société techno-industrielle, elle engendre une forte augmentation des dégâts environnementaux et sociaux dans d’autres secteurs. Ces effets systémiques, bien qu’explorés dans la littérature, sont peu considérés dans les pratiques organisationnelles. Cela empêche l’élaboration de stratégies de sobriété numérique les prenant en compte. L’atelier propose de découvrir une grille critériée visant à analyser les dynamiques de croissance associées à un outil numérique et d’esquisser une première quantification de ses effets indirects. Par groupe, vous utiliserez cette grille sur le cas d’un outil numérique dont vous dépendez.