Mercredi 8 juillet 2026

9h00-13h00 · Symposium « Démocratie et/ou écologie ? »

  • 09h00-10h30 Présentation des communications

  • 10h30-11h30 Pause et préparation des questions

  • 11h30-13h00 Échanges collectifs

Animation du symposium (et du travail collectif préparatoire) : Mathilde Boissier & Hugues Choplin

F. Jany-Catrice (1) & M. Delefosse (2) : « Evaluer la qualité écologique des territoires au prisme de la délibération. Expérimentations »

(1) chaire EQAM, Université de Rouen-Normandie ; (2) Clersé, Université de Lille

Notre communication propose une analyse comparée sur deux expérimentations menées à plusieurs échelles territoriales (l’une dans les Hauts de France, l’autre en Métropole de Rouen-Normandie) et dans des cadres que l’on qualifie de « délibératifs », visant l’élaboration d’indicateurs territoriaux de qualité écologique (« Leqi ») (Jany-Catrice, dir., 2026). La délibération est placée au cœur de la méthodologie et de l’éthique de l’expérimentation, en raison de l’incommensurabilité a priori des valeurs mobilisées dans l’exploration de la qualité écologique d’un territoire, ou tout au moins de l'importance des intersubjectivités qui sont embarquées dans une telle évaluation. Elle répond également à un partis pris analytique (« valeurs écologiques délibératives ») et à une ambition normative : produire de nouvelles narrations centrées sur la question sociale-écologique. 

L. Teulières & J.-M. Hupé : « Greenbacklash : sans démocratie, pas d'écologie »

FRAMESPA, Université de Toulouse Jean Jaurès & CNRS

Alors que les sociétés commencent à affronter les effets ravageurs des bouleversements écologiques, un recadrage des discours comme des politiques publiques promeut des contre-solutions réactionnaires et/ou accélérationnistes. Notre réflexion sur le greenbacklash explore les liens entre régression écologique et régression démocratique, s’entretenant dans une dynamique suicidaire pour l’humanité, dans une sorte de point de bascule socio-physique. Comprendre les dimensions plurielles des attaques contre l'écologie et leurs liens avec les évolutions autoritaires et antidémocratiques est nécessaire pour savoir quelles stratégies de résistance adopter.

F. Berthoud : « Des conventions citoyennes comme moyen de transformation ? »

CNRS

Quand l'expression de la volonté générale est préemptée par les géants de la tech numérique qui essaient, en plus, de nous faire croire, avec l'appui des politiques, que des éco-gestes seraient suffisants pour réduire nos consommations de numérique, cela génère au moins deux constats  : 1) d'un coté, celui que la façon dont le numérique et l'IA façonnent nos existences et chaque jour de nos existences ne fait pas l'objet de débats démocratiques. Ce sont des sujets qui sont absents des campagnes politiques tant au niveau territorial que national et même européen comme si il y avait une évidence, comme si ces choix n'étaient jamais questionnables ; 2) de l'autre coté, le constat que les changements à opérer pour atténuer et même s'adapter au monde de demain dépasse largement le niveau des éco gestes.

Redonner de la voix "éclairée" aux citoyens pour amener des changements locaux dans des organisations territoriales ou associatives, c'est la mission que nous nous sommes donnés en 2024 via des mini conventions citoyennes sur la sobriété numérique. Au cours de cet exposé, nous illustrerons les caractéristiques d'une convention citoyenne au travers de notre expérimentation qui a impliqué 10 animateurs et animatrices scientifiques, 6 organisations différentes, une petite centaine de citoyens et de citoyennes et 2 personnels en appui. A partir de cette expérience, des expériences de conventions nationales et des tentatives parlementaires d'inscrire le principe de convention citoyenne dans la loi, nous proposerons quelques pistes pour que cet outil soit accessible par des scientifiques comme moyen de redonner au citoyen un droit à l'expression des citoyens dans le débat public.

13h00-15h00 · Déjeuner

15h00-18h30 · Ateliers

T. Arribe (1), A. Bramy (2), A. Brasseur (3), H. Choplin (4), S. Crozat (5) et J. Rossignole (6), « L’économie sociale et solidaire propose-t-elle des leviers spécifiques de bifurcations socio-écologiques ? »

(1) Kelis ; (2) Scopyleft ; (3) URSCOP Hauts-de-France ; (4) UTC, Costech ; (5) UTC, Costech, Framasoft ; (6) Biilyo, UTT

L'objectif de l'atelier est d'étudier en quoi les structures alternatives aux entreprises capitalistes dominantes et aux structures gouvernementales qui composent majoritairement notre économie actuelle sont, ou non, des modalités socio-économiques qui peuvent favoriser des bifurcations socio-écologiques de notre société. La première partie de l'atelier sera une visite de 5 à 10 stands où des personnes exposeront les principes de fonctionnement de leurs structures (coopératives, associations...) et mettront en avant des modalités orientées vers des questions socio-écologiques. Les participant·es disposeront d'un carnet permettant de structurer la visite en rapport avec les concepts de la lowtechisation. La seconde partie sera un échange organisé autour de 3 questions ayant émergé de la première partie permettant une mise en communs des expériences.

F. Berthoud, « Concevoir et animer une convention citoyenne : quels ingrédients ? »

CNRS

Cet atelier vise à interroger les conditions pour qu’une convention citoyenne soit réellement un outil démocratique, transformant pour une organisation (qui n’est pas forcément l’Etat), pour les citoyens qui y participent et les experts qui interviennent, en l’occurrence des scientifiques en recherche d’actions. Il commencera par la présentation de l’expérimentation d’une convention citoyenne sur le thème de la sobriété numérique, ses contraintes et ses limites, mais aussi ses résultats. Dans un deuxième temps, les participants seront mis à contribution autour de questionnements et, enfin, des bonnes pratiques seront partagées.

A. Daguin, « Voie terrestre : formuler des espaces de dialogue par la pratique artistique collaborative »

Université PARIS 8 ~ Vincennes - Saint-Denis, UFR Arts, Philosophie & Esthétique.

À travers une pratique artistique collaborative — combinant dessin, aquarelle et jeu sérieux — il s’agira d’explorer comment la démocratisation des savoirs et l’échange sensible peuvent nourrir une réflexion commune sur les conditions d’un futur plus égalitaire et écologiquement soutenable. L’atelier s’ancre dans une démarche d’enquête participative : durant les deux premiers jours du colloque, les participant·e·s seront invité·e·s à collecter, interpréter et partager les récits issus des communications scientifiques présentées pour élaborer une carte multiscalaire à partir de traces graphiques et narratives et questionner les liens entre humains et non-humains, notamment à la lumière des récits et des mythes issus des Suds.

M. Roullet (1), L. Biniek (2), E. Laurent, G. Guimbretière (3), « Inventez votre tiers-lieu de recherche pour construire une société pérenne, équitable et émancipatrice »

(1) MR Recherche-Action, Coopérative Antigone, Strasbourg ; Association Atelier CIRCULR, Strasbourg ; (2) Institut Charles Sadron UPR22, Université de Strasbourg - CNRS, Strasbourg ; Association Atelier CIRCULR, Strasbourg ; (3) Laboratoire TREE UMR 6031, Université de Pau et Pays de l'Adour - CNRS, Pau

Comment la dynamique des tiers-lieux peut-elle permettre à des collectifs de recherche de créer des savoirs ancrés, situés, transdisciplinaires, et au service du bien commun ? Cet atelier vous propose d’explorer cette question collectivement en vous propulsant en 2050. Compiègne accueille alors la grande fête des 20 ans du « Réseau des tiers-lieux de recherche pour la post-croissance ». L’occasion pour votre collectif de se remémorer l’histoire de votre tiers-lieu : comment est-il né ? A quoi ressemble-t-il en 2050 ? Quelles activités y mènent votre collectif ? Comment y développez-vous les connaissances, technologies et organisations qui aident à construire une société pérenne, équitable et émancipatrice ? Quelles difficultés avez-vous traversé ?

J. Blad, « La fresque des métiers de demain »

Après avoir revu brièvement les limites planétaires et le concept du plancher social via la théorie du donuts, les participant.e.s sont invité.e.s à se projeter dans un monde durable et enviable, en imaginant la place des métiers d'aujourd'hui dans cette société future. Par petits groupes, une première classification donnera lieu à une fresque qui sera présentée et argumentée. Ensuite, un zoom sur un des métiers sera effectué afin d'étudier les missions et les interconnections de ce métier avec le reste de la société. Enfin, nous nous poserons la question des freins à lever pour atteindre cet objectif enviable pour tous.tes.

M. Laveau, S. Bourgeon, P. Bouteyre, E. Ferrand, M.-A. Roule, C. Zwickert, « Dialoguons entre “éloigné-es” : Un jeu pour relier les mondes »

Communauté des Alumni du Master Stratégie et Design pour l'Anthropocène (Strate Ecole de Design et ESC Clermont Business School)

Dans un contexte de crises écologique, sociale et démocratique, comment recréer du lien plutôt que d’accentuer la polarisation qui freine l’action collective ? Cet atelier vise à créer les conditions propices au dialogue entre personnes d’horizons a priori éloignés. À travers un jeu ludique collaboratif, mêlant récits personnels et écoute active, les participant·es exploreront ce qu’ils et elles ont en commun autour des liens intimes qui les lient à leur territoire. Cet espace sécurisant de rencontre, cherchera à faire émerger ce qui compte vraiment pour chaque participant·es et à révéler ce qui les rassemble tout en prenant soin de ne pas invisibiliser leurs désaccords, afin de cultiver avec empathie leur compréhension d'autrui.